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LES BILLETS GIRONDINS

Les billets girondins sont des billets publiés régulièrement 
par des girondins qui souhaitent s'exprimer au sujet 
du mariage, de la famille, de l'homosexualité,  ...
dans le cadre du blog du comité girondin de La Manif Pour Tous.
Les auteurs choisissent de publier anonymement ou non.
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22 novembre 2016

 Second tour de la Primaire : entre Fillon et Juppé, le choix est vite fait


La Manif Pour Tous, avant le premier tour de la Primaire de la droite et du centre, a objectivement présenté les positions de chaque candidat sur la famille, la PMA et la GPA. Chacun de ceux qui ont souhaité y participer a pu choisir son bulletin de vote en toute connaissance de cause.
Quand on analyse les résultats, on peut en déduire, une fois de plus, que la Manif pour tous constitue un électorat incontournable : nombreux sont ceux qui ont apporté leur voix à François Fillon. On peut regretter que Jean-Frédéric Poisson, qui était assurément le plus proche de leurs convictions, ait pâti d’un « vote utile » : un plus grand nombre de voix lui aurait permis d’avoir plus de poids, sans remettre en cause la présence au second tour de François Fillon.
Restent donc en lice François Fillon et Alain Juppé. Les sympathisants de La Manif Pour Tous sont toujours entièrement libres de leur choix mais, entre les deux anciens Premiers ministres, il semble qu’il n’y ait pas photo : François Fillon est bien plus proche de leurs positions qu’Alain Juppé. Ceux qui gardaient encore quelque sympathie pour le Maire de Bordeaux, risquent fort de changer d’opinion. Le début de la campagne du second tour a révélé sa véritable nature.
Pour remonter la pente et devancer son adversaire – on ne peut même plus parler de concurrent, vu la violence de ses attaques –, Alain Juppé utilise des moyens qui ne l’honorent pas, pratiquant l’amalgame et l’insinuation, croyant salir son rival, alors qu’il ne fait que le rehausser. Lundi soir, sur TF1, il a déclaré : «Je me sens plus proche du pape François que de la Manif pour tous. François Fillon appartient à une famille traditionaliste, je suis plus ouvert. Je suis également très attaché à l’égalité entre les hommes et les femmes. Sur cette liberté-là, ses déclarations sont assez ambiguës».
François Fillon a eu beau jeu de lui répliquer qu’il ne va pas «[s’] excuser de défendre les valeurs de la famille». Quant à la proximité supposée de Juppé avec le Pape François, il lui a, à juste titre, rétorqué avec ironie : «Je ne suis pas sûr qu'il ait totalement écouté et lu le pape François parce que sur la plupart des sujets sur lesquels Alain Juppé semble vouloir me contester, le pape François dit la même chose que moi».
Alain Juppé, même si l’on apprécie sa gestion de Bordeaux, ne saurait avoir la confiance des sympathisants de La Manif Pour Tous. «Jamais je n'aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas», a déclaré François Fillon. Nous non plus !
     Jean-Michel Léost
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06 septembre 2016

 La Manif Pour Tous doit donner l’exemple de l’indépendance et de l'unité

Le mouvement Sens commun a récemment pris position dans le débat des primaires de la droite, en soutenant François Fillon. Certes, ce n’est pas un candidat médiocre et il s’est engagé à réécrire la loi Taubira, s’il était élu Président de la République. Cette annonce mérite cependant quelques commentaires.
D’une part, Sens commun, fût-il composé à l’origine de militants et sympathisants de La Manif Pour Tous, n’est pas La Manif Pour Tous et ne peut en aucun cas prétendre représenter son point de vue. D’autre part, à supposer qu’il soit opportun de prendre parti, un soutien, au premier tour des primaires, à des candidats comme Jean-Frédéric Poisson ou Hervé Mariton, s’ils réunissent les parrainages nécessaires, eût été plus logique : s’ils n’ont aucune chance d’être retenus pour le second tour, le nombre de voix qui se porteraient sur leur nom leur donnerait quelque poids pour influer sur les positions du candidat final.
Le rôle de La Manif Pour Tous est, non pas de prendre parti, mais de défendre des principes, d’informer l’opinion publique, d’essayer de la persuader du bien-fondé de ses arguments. Elle doit être un exemple d’indépendance si elle veut rester forte et crédible. Elle doit poser à tous les candidats des questions sur le mariage, la filiation, la politique familiale et diffuser leurs réponses sur internet et dans les médias, afin que chacun puisse, en toute connaissance de cause, faire son choix.
La manifestation du 16 octobre sera l’occasion de rappeler que l’opposition à la loi Taubira, à la PMA généralisée et à la GPA continue. Elle doit être un succès, sans quoi les dénigreurs de tout poil s’en donneront à cœur joie pour souligner la faiblesse de La Manif Pour Tous. Il faut passer sur les divergences d’ego, sur les doutes relatifs à l’efficacité de telles actions, et réunir tous ceux qui, d’accord sur l’essentiel, veulent défendre les droits des enfants et de la famille.
Si la manifestation du 16 octobre pouvait rassembler côte à côte La Manif Pour Tous et toutes les associations qui défendent la famille – sans oublier Frigide Barjot, sans laquelle les manifestations de 2013 n’auraient pas eu l’ampleur qu’elles ont eues –, elle gagnerait certainement en force et en persuasion. Aucun candidat aux présidentielles ne pourrait se dérober au débat.
Alors, mobilisons-nous ! En toute indépendance et dans l'unité.
  Jean-Michel Léost

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10 mai 2016

 Défendons une conception humaniste de la famille !

Le mardi 10 mai, nous étions environ 150 à manifester contre la GPA devant la Préfecture à Bordeaux. La coordination des Intermittents et des Précaires appelait, paraît-il, à contre-manifester sur le Parvis des Droits de l’homme. Que diable allaient-ils faire dans cette galère ? Considèrent-ils que les femmes rémunérées pour porter les enfants des autres sont des travailleurs précaires et devraient toucher une allocation de chômage entre deux emplois ? Dans un tract, ils nous traitent de facholiques, ce qui montre leur ouverture d’esprit et leur goût pour l’amalgame, ce procédé totalitaire.

En tout cas, les journalistes présents peuvent témoigner que ce fut une manifestation paisible où se côtoyaient toutes les générations, soucieuses seulement de dénoncer la gestation par autrui. Certes, Pierre Bergé a déclaré naguère que « louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? ». Mais il est pour le moins improbable, même s’il a les faveurs du pouvoir actuel, qu’il traduise l’avis de la majorité des Français. Ceux qui défendent le droit des enfants d’avoir un père et une mère semblent bien plus humanistes que ceux qui voudraient légaliser cette forme d’esclavage moderne qu’est la GPA.
La présidente régionale de La Manif pour tous a, dans son discours, expliqué les raisons de cette manifestation. Elle a annoncé des actions à venir : une distribution de tracts pour les volontaires, afin de sensibiliser l’opinion, et, surtout, la signature, dans les prochains mois, d’une pétition à l’échelle européenne. Il faudra alors se mobiliser, pour que cette pétition atteigne un succès inégalé par le nombre de signataires. Puis un autre responsable local lut une lettre qui allait être remise au Préfet pour expliquer notre point de vue.
Les militants pro-GPA veulent surtout détruire ce qu’il reste de la famille traditionnelle qui est, qu’on le veuille ou non, la cellule de base de la société. Il n’est même pas besoin de leur répondre : leurs excès les disqualifient. Ils sont peu nombreux mais trouvent des relais dans la complaisance des médias. La force que nous représentons est bien plus grande. Les élections présidentielles qui approchent seront l’occasion d’interroger les candidats sur leurs positions à l’égard du mariage pour tous, sur la PMA, sur la GPA, sur leur politique familiale, et de les rendre publiques.
Certes, la politique ne se limite pas à la famille, mais la politique familiale est symbolique de l’attachement de nos dirigeants aux valeurs humanistes, de leur refus de céder à la gangrène de la marchandisation universelle. N’hésitons pas à faire pression et appelons à sanctionner les candidats qui ne défendront pas une conception humaniste de la famille !
Jean-Michel Léost
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23 janvier 2016



Pour défendre nos convictions, nous ne pouvons compter que sur nous-même

Dans l’histoire politique de la France, le respect de la parole donnée n’est guère monnaie courante : on préfère défendre ses intérêts immédiats plutôt que des convictions durables – à supposer qu’on en ait. Nombreux sont les parlementaires de l’UMP qui, en 2013, ont apporté leur soutien à La Manif pour Tous, défilant aux premiers rangs des manifestations, prenant la parole sur les tribunes. Combien d’entre eux sont restés fidèles à leur engagement ? On les compte sur les doigts d’une seule main.

Ne parlons pas du maire de Bordeaux, dont Christiane Taubira fit l’éloge et qui se dit favorable à l’adoption pour les couples homosexuels – c’est tout dire ! Citons l’exemple éclairant de Christian Estrosi qui, après s’être vivement opposé à la création du PACS, après avoir voté contre la loi sur le mariage pour tous, considère maintenant que cette loi est une avancée et ne doit pas être remise en question. Il est vrai qu’en matière d’opportunisme le nouveau président de la région PACA est un orfèvre.

Le cas de Nicolas Sarkozy mérite de retenir l’attention. À l’époque, il n’était pas revenu en politique et se tenait à l’écart. Dans sa campagne pour la présidence du parti, qui allait bientôt devenir Les Républicains, il s’est engagé, lors d’une réunion organisée par Sens commun, à réécrire la loi Taubira. Bien plus ! Devant le public qui criait «Abrogation ! Abrogation !», il a ajouté : «Si vous préférez qu'on dise qu’on doit l’abroger pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose... Ça aboutit au même résultat. Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher». Le style même de son propos en disait long sur sa sincérité.

Le plaisir a été de courte durée : dans son livre La France pour la vie qui vient d’être publié, il se dédit, au grand dam de ceux qui avaient cru pouvoir lui faire confiance. Faut-il s’en étonner ? Ce serait oublier qu’en 2012 il avait envisagé, dans sa campagne, de proposer la légalisation du mariage gay. Selon Le Nouvel Observateur, il aurait même déclaré en septembre 2014 : «Le mariage pour tous, je m'en fous. Ce n’est pas un sujet». De tels revirements, outre qu’ils décrédibilisent la parole publique et, plus généralement, une forme de démocratie où la pêche aux voix l’emporterait sur le débat d’idées, nous rappellent qu’il ne faut jamais céder aux chants des sirènes, qui cherchent à nous séduire pour mieux nous dépecer.

L’électorat que nous représentons est non seulement  incontournable, il peut faire basculer une élection. Aux primaires de droite, pour ceux qui y participeront, et à l’élection présidentielle. Certes, notre vote ne dépendra pas uniquement de la position des candidats sur le mariage pour tous, l’adoption, la PMA et la GPA : mais cette position sera déterminante, car elle définit des valeurs, une conception de la société qui rejaillit sur les autres domaines : économique, social, éducatif… Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes : continuons de défendre nos principes, d’interroger les candidats aux futures élections sur leurs intentions, de faire connaître leurs réponses. Le jour venu, nous ferons notre choix dans l’intérêt des enfants, des familles, de la France tout entière !

                            Jean-Michel Léost
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17 janvier 2016

 La Manif Pour Tous est la voix de la mesure, du bon sens et de la raison

On a pu entendre récemment sur une chaîne de télévision un «amoureux» de la laïcité, dont je tairai le nom pour ne pas lui faire plus de publicité qu’il ne mérite, évoquer les «catholiques fanatiques de La Manif pour Tous» qui voulaient imposer à toute la nation leur conception du mariage et de la famille : appellation d’autant plus inopportune qu’il l’a glissée au cours d’un débat avec des représentants de trois religions monothéistes portant sur la Une de Charlie Hebdo et sur les rapports entre le terrorisme et l’idée de Dieu. Ce maître à penser, dont on eût voulu croire qu’il fût un modèle de tolérance compte tenu de ses engagements, assénait ses prises de position comme autant de vérités hors desquelles point de salut. Mais limitons-nous à son jugement sur les centaines de milliers de Français qui ont manifesté leur opposition à la loi Taubira.

J’ai beau chercher, parmi les manifestants rencontrés à Bordeaux ou à Paris, je n’ai guère trouvé de «catholiques fanatiques». Des catholiques, certes, il y en avait, des fanatiques, non – à part quelques rares personnes qui nous conspuaient du haut de leur balcon. Il y avait aussi des protestants, des juifs et quelques musulmans, des agnostiques et des athées, des défenseurs de l’école publique et des défenseurs de l’école privée, beaucoup de personnes qui votent à droite, d’autres qui votent à gauche. Des rassemblements qui allaient bien au-delà des clivages traditionnels. Et tout cela, dans un esprit bon enfant, sans rien d’agressif à l’égard de ceux qui pensent autrement. Ils  avaient tous en commun le sentiment  que le mariage pour tous, présenté comme un progrès dans l’égalité, était une imposture qui portait atteinte aux droits primordiaux des enfants. En l’occurrence, ce défenseur zélé d’une laïcité intégrale se présente comme l’apôtre de la tolérance alors qu’il fait lui-même preuve d’étroitesse d’esprit, voire de sectarisme.

Il est vrai qu’il est plus facile de condamner par une formule lapidaire et définitive que de chercher à comprendre le point de vue d’autrui et d’argumenter. On se souvient des anathèmes lancés par Manuel Vals contre La Manif pour Tous, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Ce n’est pas être «fanatique» que de chercher à éclairer l’opinion sur la nocivité d’une loi, ou d’estimer que la famille est une cellule de base de la société et que chaque enfant a le droit d’avoir un père et une mère. Cette loi a été adoptée pour faire plaisir à quelques lobbies minoritaires, qui ont imposé leur volonté à l’ensemble des Français : le gouvernement les a suivis par conviction idéologique et pour faire oublier son impéritie en matière économique et sociale.

Souhaitons que 2016 aboutisse à une prise de conscience plus large encore de la nocivité de la loi sur le mariage pour tous. Il vaut mieux lutter avec détermination pour une société humaine et solidaire que pour une société individualiste où tout peut s’acheter selon ses caprices, où l’on fait passer les désirs des adultes avant l’intérêt des enfants, où les fossoyeurs des valeurs humaines fondamentales veulent dicter leur loi. Loin d’être fanatique, La Manif pour Tous est la voix de la mesure, du bon sens et de la raison.
                           
Jean-Michel Léost

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16 décembre 2015

 La Manif Pour Tous constitue un électorat incontournable

Quelles leçons tirer du second tour des élections régionales en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente, où Alain Rousset (Union de la gauche) a obtenu 44,27%, Virginie Calmels (Union de la droite), 34,06%, Jacques Colombier (Front National), 21,67% ?

La Manif Pour Tous avait organisé, le 30 octobre, une réunion à l’Athénée municipal de Bordeaux : toutes les têtes de listes avaient été invitées. Alain Rousset n’a même pas pris la peine de répondre. Pourtant, il avait en 2013 discrètement marqué ses réserves à l’égard de la loi sur le mariage pour tous, évoquant même une « clause de conscience » sur la PMA et l’adoption. Mais, à quelques semaines des élections, il n’était pas question de s’attirer les foudres du lobby LGBT. Après Yvan Setze (Debout La France) et José Manuel Boudey (Parti Fédéraliste Européen), Virginie Calmels et Jacques Colombier ont répondu tour à tour à une série de questions sur leurs valeurs, leur projet et leurs propositions. La première a notamment déclaré que plusieurs adhérents de Sens Commun, mouvement issu de La Manif Pour Tous et proche de l’ex-UMP, figuraient sur sa liste. Le second a rappelé qu’il avait participé à toutes les manifestations contre le mariage pour tous et qu’il était attaché à la famille et à la vie « de la conception jusqu’à la mort naturelle ».

Chacun, en fonction de ses convictions, de ses sympathies et de leurs actes, jugera de la sincérité ou de l’opportunisme de l’un ou de l’autre. Avec 47 sièges pour l’Union de la droite et 29 sièges pour le Front National, l’opposition devrait être forte dans la nouvelle assemblée où l’Union de la gauche obtient 107 sièges. En ce qui concerne l’aide aux familles, la distribution des subventions, l’éducation, on pourra observer si les deux groupes d’opposition défendent leurs engagements. Si Jacques Colombier et son groupe ont tout à gagner à les tenir, il sera instructif de voir quelle sera la ligne de Virginie Calmels, dont la liste a des points de vue disparates sur ces sujets – sans compter sa proximité avec Alain Juppé, adepte du grand écart, qui représente pour elle un sérieux handicap : Christiane Taubira n’a-t-elle pas félicité naguère l'ex-premier ministre, qui considère que la loi sur le mariage pour tous ne peut pas être abrogée ?

Quoi qu’il en soit, La Manif Pour Tous constitue un électorat incontournable. Lors des prochaines élections présidentielles, elle devra, sans prendre parti, continuer d’interroger les candidats afin de porter à la connaissance des électeurs leurs positions respectives sur l’abrogation de la loi Taubira, la PMA, la GPA et, plus généralement, la politique familiale. Les militants et sympathisants de La Manif Pour Tous pourront alors juger de la crédibilité de chacun et choisir leur candidat en toute connaissance de cause.

                                Jean-Michel Léost

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31 mai 2015

 Hollande, Taubira, Valls, Vallaud-Belkacem : le bal des Tartuffe

Peut-être les générations futures ne liront-elles plus Molière, déculturés par la réforme du collège que prépare Najat Vallaud-Belkacem. Ceux qui ont eu la chance de l’étudier estiment sans doute que nos gouvernants tiennent beaucoup de Tartuffe, ce personnage intéressé, hypocrite et dissimulateur. Trop sévères ? À chacun d’en juger d’après ces quelques exemples.
Le gouvernement rappelle que la GPA reste interdite en France. Manuel Valls a ainsi dénoncé, le 3 octobre 2014, « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes », face à laquelle « il faut affirmer des principes ». Mais, dès le 25 janvier 2013, une circulaire de Christiane Taubira s’est prononcée sur la délivrance d’un certificat de nationalité française à des enfants nés à l’étranger d’un parent français ayant eu vraisemblablement recours à une procréation ou gestation pour le compte d’autrui. Le Conseil d’État l’a depuis confirmé. « Au nom de l’intérêt de l’enfant », bien sûr, cet intérêt opportunément oublié dans le débat sur le mariage pour tous. C’est ainsi que la GPA, officiellement tenue à la porte de la France, rentre par la fenêtre. Nos gouvernants gardent les mains propres ! Au personnage de Tartuffe, qui les représente si bien, il faudrait ajouter une once de Ponce-Pilate pour que le portrait soit encore plus ressemblant. On entend déjà des voix réclamer que la GPA soit autorisée et encadrée pour ne pas être réservée qu’aux seuls riches. Va-t-on la faire rembourser par la sécurité sociale ?
De même, Laurence Rossignol chante à toute occasion qu’elle « aime les familles ». C’est pourquoi elle n’a pas bronché, elle a même approuvé quand le quotient familial a été diminué, les allocations familiales modulées, le congé parental réduit dans les faits, la majoration de retraite pour enfants fiscalisée… Ce sont des mesures de justice ! Ceux qui les contestent ne sont que des conservateurs égoïstes, ennemis du progrès social.
Faut-il parler de la réforme du collège préparée par Najat Vallaud-Belkacem ? Alors qu’elle supprime les dispositifs qui marchent bien, comme les classes bilangues ou les sections européennes ; alors qu’elle interdit désormais aux familles le choix des options, notamment des langues anciennes, laissant la décision aux établissements qui feront ce qu’ils peuvent avec leur dotation horaire – c’est-à-dire peu ; alors qu’elle confond l’égalité, qui donne à chacun les chances d’exceller dans son domaine, avec l’égalitarisme qui veut contraindre chacun à aller du même pas ; alors qu’elle projette de modifier la carte scolaire pour obliger les familles à inscrire leurs enfants dans des collèges dont ils ne veulent pas, notre ministre de l’éducation nationale, croyant séduire par son sourire, prétend avec aplomb que désormais tous les enfants pourront s’adonner au latin, faire deux langues vivantes dès la cinquième, que l’excellence sera démocratisée… Tartuffe encore, mêlant hypocrisie, cynisme, mensonge et autosatisfaction.
Anacharsis Cloots, ce baron prussien qui s’enthousiasmait pour la Révolution française, se baptisa lui-même « ennemi personnel de Jésus-Christ » : notre gouvernement n’est-il pas l’ennemi personnel de la famille ? Pour toutes ces raisons – et bien d’autres, car le catalogue est long – , le samedi 6 juin 2015, avec La Manif Pour Tous 33, il faut participer à la traversée de Bordeaux en voiture, en tracteur ou en moto, avec nos drapeaux, nos sifflets et nos klaxons, pour dire NON à la GPA, NON à la casse de la famille, NON aux Tartuffe !
Jean-Michel Léost

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3 mars 2015

Si nous ne nous occupons pas de politique, la politique, elle, s'occupe de nous
 
Les 22 et 29 mars, nous élirons 3971 conseillers départementaux dans 2054 cantons. Ces élections sont très importantes. D’abord, parce que, pour la première fois, les conseillers départementaux seront élus pour six ans. Ensuite, parce que les départements ont des compétences en matière d’action sociale et d’adoption, ainsi que d’enseignement puisqu’ils gèrent les collèges. Pour éclairer le vote des électeurs, la Manif Pour Tous a proposé aux candidats de s'engager en faveur de la famille en signant sa Charte des Départementales. Chacun doit la faire connaître aux candidats de son canton et voter en fonction de leurs réponses – ou de leur absence de réponse.
Votons pour ceux qui s’engagent à préserver la neutralité républicaine des collèges et à s’opposer à tout soutien, sous quelque forme que ce soit, aux associations partisanes hostiles à la famille, qui distillent les études du genre. Votons pour ceux qui pensent qu’il appartient au père et à la mère de choisir l’éducation de leurs enfants : choix déterminant à l’heure où l’on prétend imposer à tous, au nom de la laïcité, une sorte de catéchisme nouveau que Jules Ferry lui-même rejetait, soulignant que le maître n’a pas à se substituer aux familles ; où certains préconisent, sous prétexte de promouvoir la diversité, de déplacer des élèves dans les collèges défavorisés et d’instaurer le busing au lieu de mettre en œuvre une instruction équitable sur tout le territoire de la République.
Les politiques ont souvent tendance, pour obtenir des suffrages,  à défendre leur part de marché selon la conjoncture. Les girouettes, les opportunistes, les équilibristes de tout poil dont les convictions changent au gré de leurs intérêts, faisons-leur savoir que ce n’est pas ainsi que nous concevons la politique : jetons leurs bulletins au panier ! Nous devons voter pour ceux qui ne renient pas leurs convictions sur la défense de la famille et de la filiation : beaucoup d’entre eux marchaient d’ailleurs à nos côtés lors des diverses manifestations de la Manif pour tous. Nous devons voter et faire voter pour ces candidats, pourvu qu’ils respectent les principes auxquels nous sommes attachés et qui restent l’essentiel.
Ne nous abstenons pas : si nous ne nous occupons pas de politique, la politique, elle, s’occupe de nous !  Et si nous sommes découragés par l’immensité de la tâche, rappelons-nous l’histoire du colibri qui s’activait en jetant sur le feu quelques gouttes d’eau : à ceux qui le moquaient, il répondit : «Moi, au moins, je fais ma part !». Chacun d’entre nous doit faire sa part. Alors, votons hardiment pour la famille, pour nos enfants, pour le retour au bon sens et aux valeurs fondamentales que portent en leur cœur une grande majorité de Français.
Jean-Michel Leost
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23 janvier 2015

Réflexions sur les droits de l'homme... et de la femme

   Actualité oblige, les 40 ans de la loi Veil sont passés quasi inaperçus. Pourtant, des mouvements féministes et des partis ont appelé à manifester le dimanche 18 janvier pour défendre le droit des femmes et améliorer l’accès à l’IVG. Dès le vendredi, la ministre de la Santé avait annoncé plusieurs mesures et le lancement d'un numéro national d'appel. La suppression récente de la notion de «détresse», adoptée par le Parlement, a levé les dernières restrictions – même si cette condition n’était guère respectée – rendant la décision d'interruption volontaire de grossesse légitime, quel qu'en soit le motif.

On constate tout d’abord qu’on retrouve parmi les organisateurs de la manifestation ceux-là mêmes qui ont milité pour le mariage pour tous et il est probable qu’on les retrouvera parmi les partisans d’une euthanasie légalisée. Tout cela, au nom de la liberté et du progrès. D’ailleurs, parmi les revendications des manifestants, figuraient aussi le rétablissement des ABCD de l’égalité ou encore la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. On voit donc que le problème dépasse largement celui de l’interruption de grossesse et que c’est toute une philosophie de la vie, toute une conception de la société qui est en jeu.


Face à ces revendications, on ne peut garder le silence. Il est délicat, surtout pour un homme, d’aborder ce sujet. Les réflexions suivantes pourraient cependant apporter un éclairage. Il ne semble pas que le refus de l’IVG au nom de la religion soit un argument suffisant. Nous sommes dans un État laïc, objectera-t-on, et la religion n’a pas à intervenir. Il ne s’agit pas non plus de juger les femmes qui ont recours à l’IVG. Nous ne sommes pas dans leur conscience, nous ne connaissons pas leur situation et qui sommes-nous pour les juger?


Il reste que des femmes ont recours à l’interruption volontaire de grossesse au moins aussi souvent pour convenances personnelles que pour des raisons de détresse. Et, si l’on n’a pas à juger les personnes, on peut juger la philosophie sous-jacente. L'article 1er de la loi du 17 janvier 1975 dispose que «la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie» et qu'«il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi». On peut s’étonner d’une loi qui affirme un principe universel tout en en précisant les limites, mais le Conseil constitutionnel l’a à l’époque validée.


D’autre part, l’État aurait pu, pour éviter un recours massif à l’IVG, apporter son soutien moral et financier aux associations qui souhaitent accompagner les femmes pour leur éviter d’avoir recours à un acte qui n’est jamais banal. Au contraire, elles sont mises sous surveillance. «Le droit à l’avortement est un acquis majeur des femmes et le fruit d’un long combat pour leur droit à disposer de leur corps» peut-on lire sur le site du ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes. «Ce droit est un élément structurant de l’égalité entre les femmes et les hommes […]. Ce droit est garanti par la loi. L’entrave à l’IVG constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende». Le droit de disposer de son corps est-il donc supérieur au droit à la vie ?


Le Pape, de son côté, a parlé de «culture du déchet». Ceux qui le trouvaient progressiste l’ont aussitôt qualifié de réactionnaire. Ne faisait-il pas qu’exprimer la voix de la raison et de l’humanisme ? Dans un document  intitulé «La Joie de l'Évangile», il écrit notamment : «Parmi ces faibles, dont l'Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd'hui la dignité humaine afin de pouvoir en faire ce que l'on veut, en leur retirant la vie et en promouvant des législations qui font que personne ne peut l'empêcher». Ces propos ne s’adressent pas aux seuls catholiques. Ne devraient-ils pas inciter chacun, quelle que soit sa religion ou son absence de religion, à s’interroger ? 


Jean-Michel Léost

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27 septembre 2014

Des raisons supplémentaires de manifester le 5 octobre

   Le  rapporteur du Conseil d’État, saisi par la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), vient de rendre un avis très négatif sur le soutien apporté par le ministère de l’éducation nationale à la Ligne Azur. Il a dénoncé la «légèreté» du ministère en la matière, jugeant «pour le moins critiquables» certains contenus de ce site. Pour être objectif, il faut rappeler que sa promotion a commencé dès 2010, sous l’ancienne majorité (1). Quelle que soit la décision finale du Conseil d’État, l’avis du rapporteur démontre que ceux qui dénoncent les dérives, voire les perversions de ce site ne sont pas des fabulateurs ni d’affreux réactionnaires. À moins qu’on ne donne en exemple le temps, pas si lointain, où des gauchistes aujourd’hui embourgeoisés prônaient la libération sexuelle des jeunes enfants.
Voilà qui doit renforcer notre détermination à descendre dans la rue le 5 octobre contre la PMA, la GPA, l’introduction des études sur le genre dans l’enseignement et ce qu’il faut bien appeler la familophobie. Ces manifestations ne sont pas vaines : elles permettent à la vérité de sortir du puits où les obscurantistes de tout poil voudraient l’enfermer.
Les attaques contre la famille continuent. La durée du congé parental pour les mères pourrait être réduite à dix-huit mois, contre trois ans actuellement. La prime de naissance pourrait être réduite à partir du deuxième enfant. Tout cela, prétendument au nom des économies budgétaires. Ceux qui envisagent de telles mesures se rendent-ils compte qu’ils portent ainsi atteinte à ce qui reste un des rares atouts de la France, sa vitalité démographique ? Mais sans doute trouvent-ils quelque secrète satisfaction à s’attaquer un peu plus aux familles qui ont osé les défier dans la rue.
Alors, n’hésitons pas : le dimanche 5 octobre, nous défendrons tous la famille et le droit des enfants à avoir un père et une mère !
                                                                                             Jean-Michel Léost

 (1) Voir par exemple la Brève du 3 mai 2011 sur le site du ministère : http://www.education.gouv.fr/cid55971/campagne-ligne-azur.html
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27 août 2014

Le 5 octobre 2014, nous manifesterons tous dans la rue!

   Si certains d’entre nous hésitaient encore à descendre dans la rue le 5 octobre, la nomination du nouveau gouvernement les convaincra sans doute qu’il est de leur devoir de participer à cette manifestation. La reconduction de Christiane Taubira à la Justice et l’affectation de Najat Vallaud-Belkacem à l’Éducation nationale, même s’il ne faut pas négliger les impératifs des combinaisons politiques et le jeu des chaises musicales, montrent que le Pouvoir, loin d’apaiser et de rassembler les Français, les provoque en mettant sur le devant de la scène deux ministres qui se sont distinguées dans la promotion du mariage pour tous et des études sur le genre.
Il ne faut cependant pas attaquer les personnes, qui, au demeurant, ont des qualités intellectuelles et un talent de communication indéniables, mais les idéologies qu’elles pourraient être tentées de véhiculer dans le cadre de leurs fonctions. Najat Vallaud-Belkacem a déclaré sur France-Info, le lendemain de sa nomination : « La polémique inutile, les débats stériles, l'instrumentalisation insupportable de l'école, n'auront pas de place dans mon ministère […] Ma responsabilité principale, c'est de faire en sorte que les parents aient confiance dans l'école, de faire en sorte que les Français sachent que l'école c'est l'outil numéro 1 au service de l'ambition républicaine. » Souhaitons que, dans ses actes et ses décisions, elle mette en œuvre cette résolution ; qu’elle ne suscite pas elle-même de polémique ; qu’elle redonne aux familles confiance dans l’école et dans son enseignement ; qu’elle se souvienne de ce qu’elle doit à l’école républicaine et qu’elle en développe la vocation, qui est d’instruire et d’é-lever les élèves, de leur donner la capacité de choisir et de construire leur avenir, non de les réduire aux normes d’une société préconçue.
La manifestation du 5 octobre, à Bordeaux et à Paris, sera l’occasion de lancer à nos gouvernants un avertissement : donnez-nous la garantie que vous renoncez à la PMA, à la GPA, à l’introduction d’un enseignement idéologique des études sur le genre ; que vous allez défendre la famille au lieu de la dénigrer et de l’accabler d’impôts. Plus nous serons nombreux, plus cet avertissement sera efficace. Si nous ne sommes pas entendus, nous recommencerons. Et s’ils restent sourds à la voix d’une grande majorité des Français, de tous horizons sociaux, culturels et politiques, c’est dans les urnes que la question se règlera. Ce moment pourrait venir plus tôt que prévu.
La Manif pour tous est plus vivante que jamais. Tous dans la rue le dimanche le dimanche 5 octobre.
                                                                                             Jean-Michel Léost
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26 avril 2014

La réforme des rythmes scolaires : un leurre

   La réforme des rythmes scolaires ne laisse pas de soulever des problèmes. Pour des raisons financières, parce qu’elle a un coût pour les municipalités, qui voient par ailleurs diminuer la dotation de l’État, et donc pour les contribuables. Pour des raisons familiales, parce que les horaires des journées peuvent varier, ce qui rend plus difficile l’organisation des parents qui travaillent. Pour des raisons pédagogiques, puisqu’on constate qu’avec les nouveaux rythmes les élèves sont encore plus fatigués qu’auparavant. Pour des raisons de justice, puisque chaque commune ne pourra proposer que les activités péri-scolaires correspondant à ses ressources matérielles et humaines.
     Le gouvernement présente cette réforme comme égalitaire, parce qu’elle permettrait à tous les élèves d’accéder à des activités culturelles. Sous ce prétexte, on enlève de fait à tous les parents la possibilité de choisir les loisirs de leurs enfants, auxquels on impose un programme dont l’intérêt et la qualité sont loin d’être assurés. Il la présente aussi comme plus favorable aux acquisitions, puisqu’en étalant sur cinq journées, au lieu de quatre, les heures d’enseignement, les élèves seraient dans de meilleures conditions pour assimiler les savoirs. Mais le nombre d’heures d’enseignement par demi-journée est diminué et le total reste le même. Il est peu probable que de telles dispositions suffisent à combler les lacunes d’un grand nombre d’élèves qui entrent en sixième sans une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture et du calcul. Ne seraient-ce pas les programmes, la répartition des heures d’enseignement par matière et l’organisation du soutien scolaire qu’il conviendrait de modifier ? Ne faudrait-il pas réhabiliter les devoirs et multiplier les études après les cours, effectuées par des professeurs volontaires, des étudiants quand ils sont à proximité, voire des parents en ayant les compétences ?
     Ce n’est pas en assouplissant le cadre règlementaire de la réforme, comme le propose le nouveau ministre de l’Éducation nationale, qu’on apportera des solutions à tous ces problèmes. Le débat sur les rythmes scolaires divertit les esprits en les détournant des questions essentielles : comment organiser une école qui permette à tous les élèves de progresser, tout en permettant aux meilleurs, quel que soit leur milieu d’origine, de se distinguer – et ce, dans tous les domaines ? Comment l’école peut-elle apporter aux plus démunis la culture qu’ils ne trouvent pas dans leur famille ? Comment donner aux enfants le goût de l’effort, la volonté de se dépasser ? Comment faire de l’instruction, de la transmission de notre patrimoine culturel, un idéal qui donne envie d’y adhérer ? Comment apporter à chaque élève ce supplément d’âme qui lui permet de s’émanciper et de construire son avenir ?
   Dans le cadre de sa réflexion sur la famille, La Manif pour tous doit se montrer pionnière pour trouver et proposer les solutions adéquates.
                                                                                            Jean-Michel Léost

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4 avril 2014

La leçon des municipales


Les analystes professionnels n’ont sans doute pas suffisamment estimé le poids de la Manif pour tous dans le résultat des élections municipales. Au-delà même des électeurs qui ont participé aux manifestations contre le mariage pour tous ou les ont soutenues, un grand nombre de Français se sont interrogés sur les objectifs d’un gouvernement qui leur semblait mettre plus d’énergie à imposer des réformes sociétales qu’à lutter contre le chômage et pour le redressement économique de la France. De nombreux maires sortants socialistes, même s’ils n’ont pas accueilli avec enthousiasme le mariage pour tous, en ont fait les frais. À droite, certains candidats, comme à Paris ou à Strasbourg, ont pâti des positions qu’ils ont prises dans ce débat. D’autres ont joué aux équilibristes, comptant sur leur notoriété pour battre des concurrents au demeurant médiocres. Il faut remercier tous ceux qui ont signé la charte de la famille ou qui n’ont pas renoncé à leurs convictions.

Il ne nous appartient pas de juger du remaniement ministériel consécutif à la sévère défaite du parti socialiste, mais la reconduction de certains ministres peut légitimement susciter des inquiétudes. Les mesures contre la famille vont-elles se poursuivre ?  Que va-t-il advenir des expérimentations sur l’ABCD de l’égalité ? Lèvera-t-on les ambiguïtés entre une incitation à renforcer l’égalité entre filles et garçons et l’introduction plus ou moins sournoise des idéologies du genre ? Reviendra-t-on sur la réforme des rythmes scolaires qui introduit de nouvelles inégalités, rend plus complexe l’organisation des parents et apporte aux enfants un surcroît de fatigue sans garantir une meilleure acquisition des bases en lecture, écriture et calcul puisque les heures d’enseignement restent identiques ? D’une façon générale, cherchera-t-on à rassembler ou à diviser encore ? Autant de questions auxquelles nous devons rester attentifs.

Le gouvernement a reçu une leçon : l’aura-t-il assimilée ou faudra-t-il la lui répéter ?

     Jean-Michel Léost
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12 mars 2014

La République des barbouzes ou la République pour tous ?

Apparues dans les années 1960 pendant la guerre d’Algérie, rendues célèbres en 1964 par le film de Georges Lautner, avec les inoubliables Bernard Blier, Francis Blanche et Lino Ventura, impliquées dans l’affaire Ben Barka en 1965, mêlées sans doute à la mort de Georges Figon, complice de cette affaire retrouvé « suicidé » dans son appartement, une balle dans la nuque, les barbouzes se sont illustrées, sous ce nom ou sous un autre, à toutes les époques de notre histoire. Récemment, à propos des enregistrements de conversations privées d’un Président de la République, on a parlé de «méthodes de barbouzes». Si l’on en croit tous ces événements, les barbouzes seraient promises à une longue postérité.

Faut-il pour autant parler de «République des barbouzes» ? La République, telle que nous la concevons, se doit de respecter le principe de la séparation des pouvoirs, défini par Montesquieu, et ne pas recourir à des moyens illégaux. Or la tentation peut être grande, pour un pouvoir quel qu’il soit, de transgresser ces règles. Ainsi, quand des «policiers» en civil cherchent à provoquer des affrontements lors de manifestations ou s’il est vrai qu’on a demandé à une jeune étudiante russe de troquer un avis favorable à sa naturalisation contre la dénonciation de ses amis de la Manif pour tous, ne s’agit-il pas de méthodes de barbouzes ? Lorsque des opposants au mariage pour tous sont lourdement condamnés alors que des groupes violents pratiquant la guérilla urbaine sont traités avec ce qui ressemble à de l’indulgence, ne peut-on pas s’interroger sur l’impartialité de certains juges et sur la complicité, même passive, du pouvoir ?

L’on sait qu’aux États-Unis la NSA est capable d’espionner la planète entière, à commencer par les chefs d’État étrangers. Des techniques de plus en plus sophistiquées permettent de pénétrer au cœur de la vie privée de chacun. Les grands médias, sauf exception, diffusent la pensée unique : on entend rarement un journaliste déclarer que le mariage pour tous n’est pas forcément un progrès et une famille nombreuse non recomposée est présentée comme une anomalie sociale. Les idéologies les plus contestables portent atteinte à des enfants désarmés, parées du label de la non discrimination. L’amalgame, la caricature, le mensonge dénaturent la position des non-conformistes et les vouent aux gémonies. À quand, dans chaque foyer, des «télécrans» pour émettre en permanence des messages de propagande et servir de vidéo-surveillance ?

Il ne s’agit pas d’affirmer que les dirigeants actuels ont des visées totalitaires. Mais l’échec politique, la certitude d’avoir raison, le refus de reconnaître ses erreurs, le dogmatisme parfois peuvent conduire à la tentation totalitaire, en se donnant la bonne conscience de défendre des valeurs humanistes. Si nous n’y prenons garde, notre société pourrait bien devenir 1984 avec trente ans de retard. C’est pourquoi il faut être vigilant et dénoncer tous les manquements aux principes républicains. Il faut préparer nos enfants à résister au conditionnement. Dans ce domaine, les familles ont un rôle fondamental à jouer. L’enseignement aussi, qui doit donner aux élèves les moyens de penser par eux-mêmes, non pas en les soustrayant à l’influence familiale, mais en leur transmettant des savoirs et un patrimoine culturel qui leur permettront de réfléchir, de comparer, de construire leur liberté et d’exercer leur jugement critique. Nous ne voulons pas de la République des barbouzes. Nous voulons la République pour tous !

Jean-Michel Léost

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16 février 2014

Soyons un exemple pour tous !

Comme son nom l’indique, le totalitarisme veut dominer la totalité de l’homme, dans sa vie quotidienne comme dans sa façon de penser.

Quand on tend à imposer sa «vérité», on en vient vite à condamner les esprits rétifs. «Rien n’est aussi dangereux que la certitude d’avoir raison. Rien ne cause autant de destruction que l’obsession d’une vérité considérée comme absolue » écrivait Alain Jacob, prix Nobel de physiologie et de médecine. « Tous les crimes de l’histoire sont des conséquences de quelque fanatisme». L’histoire est en effet pleine de ces hommes qui, au nom de leur vérité, sont prêts à éliminer leurs adversaires. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté
! », proclamait Saint-Just. Il a fait des émules.

Mais il est des moyens plus insidieux que la contrainte ou la violence. Ainsi, le procédé de l’amalgame, qui consiste à dénigrer les réfractaires en les classant dans une catégorie censée les discréditer : les adversaires du mariage et de l’adoption pour tous sont présentés comme des «réactionnaires», des «cathos coincés», voire des «fachos». On nuancera après coup, s’il le faut, mais le mal est fait : «Mentez, mentez, mentez, encore et toujours, il en restera bien quelque chose !» disait Goebbels.

De même, la dénégation ou, pire, la falsification de documents. Ceux qui cherchent à faire tomber dans les oubliettes les propos qu’ils ont autrefois tenus, au lieu de reconnaître qu’ils ont changé d’avis, seraient prêts, s’ils le pouvaient subrepticement, à en détruire les preuves. Chacun se souvient de Big Brother et de son Ministère de la Vérité, dont le travail était de réécrire les documents historiques en fonction des circonstances.

Ou encore, la mainmise sur les médias et sur l’éducation qui permet de régner sur la pensée. Il faut à ce propos répéter que l’éducation des enfants appartient d’abord aux familles et qu’un pouvoir politique, quel qu’il soit, n’est pas en droit de modeler, dès leur plus jeune âge, l’esprit des élèves en déconstruisant leurs repères. « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants » rappelle la Déclaration universelle des droits de l’homme (article 26).

Pour lutter contre ces entreprises aux relents totalitaires, il faut prendre les armes du bon sens et de la raison. À quoi bon, par exemple, répandre la rumeur que Vincent Peillon n’aurait pas obtenu l’agrégation alors que chacun peut constater qu’il est inscrit sur la liste des lauréats du concours externe en 1986 ? Ce n’est pas en s’attaquant à l’homme qu’on s’oppose à ses idées. Sinon, faudrait-il estimer que la position du Grand Rabbin Gilles Bernheim sur le mariage pour tous n’a aucun intérêt sous prétexte qu’il a laissé dire qu’il était agrégé alors qu’il ne l’était pas ? La sagesse est donc, avant de répandre une information, de vérifier sa source. « Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause » écrivait Fontenelle en 1687. Cette leçon vaut toujours.

Évitons aussi les caricatures et sachons mesure garder. Nous n’en serons que plus forts pour dénoncer les attaques contre les familles et les enfants. Ne tombons pas dans le piège de la censure en demandant le retrait des bibliothèques d’ouvrages comme Papa porte une robe ou J’ai deux papas qui s’aiment, mais exigeons qu’ils ne soient pas exposés et accessibles aux enfants non accompagnés de leurs parents.
Exigeons aussi qu’ils ne soient pas étudiés à l’école.

Cherchons à comprendre le point de vue de ceux qui pensent différemment de nous pour mieux contrer leurs arguments et peut-être, un jour, arriver à les convaincre. Une thèse est d’autant plus probante qu’elle sait prendre en compte la thèse adverse. C’est la vertu de la dissertation française ou philosophique et il n’est pas étonnant qu’elle soit critiquée par ceux pour qui l’esprit critique est un défaut.

Et, enfin, ne nous laissons pas instrumentaliser par ceux qui utilisent les débats actuels pour tenter de se faire une clientèle électorale, alors même que certains prônaient naguère des principes qu’ils prétendent aujourd’hui combattre.

La Manif pour tous se doit d’être un exemple pour tous !
Jean-Michel Léost

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4 février 2014

Et maintenant, que vais-je faire ?

Nous étions des centaines de milliers à manifester le 2 février à Paris et à Lyon. Venus de toute la France, nous espérions donner un coup de semonce contre les mesures anti-famille présentes et à venir, contre la PMA, la GPA, contre les dérives possibles du programme ABCD de l’égalité, contre l’intrusion des gender studies dans l’éducation de nos enfants[1].

Ce fut une victoire. Le lendemain, le Président de la République a décidé de reporter à plus tard l’examen du projet de loi sur la famille (sur les familles, comme dirait la ministre concernée), où des amendements sur la PMA, voire la GPA, n’auraient pas manqué d’être présentés. Les défenseurs autoproclamés de la liberté, de l’égalité et du progrès poussent des cris d’orfraie : la République est mise en danger par ces «obscurantistes» et ces «ultra-réactionnaires !». Défendre la famille ! quel crime abominable !

Il paraît assez évident que cette décision est motivée par l’approche d’élections et l’intention de nous faire baisser la garde pour mieux nous surprendre plus tard. Mais aussi par le constat que la manifestation dépasse les clivages politiques traditionnels et que c’est la France profonde, présente dans le cœur de tous les Français, qui s’est exprimée le 2 février.

C’est pourquoi, il nous faut renforcer notre vigilance et mettre à profit cette trêve pour nous préparer aux futurs combats. Nous organiser autour des responsables girondins de la Manif pour tous pour développer encore notre audience. Nous tenir toujours prêts à devancer les attaques et à porter l’offensive. Il faut aussi, lors des élections prochaines, refuser nos voix aux partisans déclarés du mariage et de l’adoption pour tous et, parmi les autres, savoir faire le tri entre les postures opportunistes et les convictions authentiques, choisir ceux qui s’engageront à défendre sincèrement les valeurs fondamentales de la famille.

Jean-Michel Léost
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[1] Le rapport du commissariat général à la stratégie et à la prospective - Lutter contre les stéréotypes filles-garçons (15 janvier 2014) - propose notamment de « programmer des études sur l’enfance et l’adolescence en y incluant la problématique du genre […], en s’inspirant des gender studies anglo-saxonnes, qui croisent, autour de la thématique du genre, les apports des disciplines des sciences humaines et sociales » (Proposition 23). La ministre des Droits de la femme a souligné la « grande qualité » de ce travail […] qui contribue à un « débat public serein et raisonné, dépassionné et constructif ».

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5 janvier 2014

Pourquoi aller manifester le 2 février ?

Ceux qui pensaient que La Manif pour tous disparaîtrait peu à peu de l’actualité devront revoir leurs prévisions. Bientôt ses drapeaux flotteront de nouveau dans les rues de Paris pour dire non à la libéralisation de la PMA, à la légalisation de la GPA, aux idéologies du genre, aux mesures contre la famille. Après Nantes, Montpellier, Bordeaux, Versailles, c’est toute la France qui répondra à cet appel. Des manifestations sont prévues le même jour dans plusieurs pays européens.

Certains seront peut-être tentés de céder au découragement ou au fatalisme : jamais nous n’atteindrons les centaines de milliers de manifestants de l’an dernier, qui n’ont pourtant pas fait reculer le gouvernement. D’autres se méfieront des récupérations politiques qui ne manqueront pas de se produire en cette circonstance, à quelques semaines des élections municipales. Sans doute, mais cela ne doit pas nous conduire à renoncer. Bien au contraire !

Il faut manifester le 2 février contre les attaques incessantes que subit la famille. Au lieu de chercher les moyens de la soutenir et de la consolider, le gouvernement ne fait que la détruire. On ne s’étonnera pas de voir les mêmes, qui ont défendu le mariage et l’adoption pour tous, prétendre agir pour la famille alors qu’ils en sont les fossoyeurs.

Il faut manifester le 2 février pour signifier aux hommes et femmes politiques de tous bords que nous voterons aux prochaines élections en fonction des positions qu’ils ont exprimées sur le mariage et l’adoption pour tous et des engagements qu’ils prendront en matière de politique familiale et éducative.

Il faut manifester le 2 février pour dire notre refus de la pensée unique et du conditionnement idéologique, pour défendre une politique qui protège la famille dans l’intérêt premier des enfants, pour préparer l’avenir des générations futures.

Chaque manifestation est l’occasion de dire non et de résister ; de défendre les valeurs que nous voulons promouvoir ; de renforcer l’unité et la détermination du peuple de France. Que chacun se souvienne de ce vers de Victor Hugo dans Les Châtiments : «Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !», qu’il fasse sienne cette résolution et nous serons des dizaines, des centaines de milliers à manifester à Paris le 2 février.

Jean-Michel Léost

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1er décembre 2013

L'enseignement moral et civique à l'école : un enseignement idéologique ?

L’Article 41 de la loi pour la refondation de l’école précise que « l'école, notamment grâce à un enseignement moral et civique, fait acquérir aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, de l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de la laïcité ». Rien à redire sur la formulation. L’Annexe de cette loi explicite cet objectif : « Ces enseignements visent notamment à permettre aux élèves d'acquérir et de comprendre l'exigence du respect de la personne, de ses origines et de ses différences, mais aussi l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que les fondements et le sens de la laïcité, qui est l'une des valeurs républicaines fondamentales». Ou encore : «Il convient de prévenir au sein de l'école toutes les formes de discrimination et de favoriser la mixité sociale et l'égalité entre les femmes et les hommes.» Quoi de plus normal dans un État républicain ? Le Conseil supérieur des programmes doit, de son côté, concevoir des programmes, de l’école au lycée, qui seront mis en application à compter de la rentrée 2015.

Certains facteurs peuvent cependant susciter des inquiétudes : l’attitude sectaire d’une partie de la classe politique à l’égard de ceux qui contestent le mariage et l’adoption pour tous, les amalgames sans cesse pratiqués pour essayer de déconsidérer ces «homophobes», ces «réactionnaires», ces «fascistes», la complaisance à l’égard des lobbies de l’idéologie du genre, l’agrément accordé par le ministère de l’éducation nationale à des associations militantes, le contenu des formations qui seront données aux enseignants dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPÉ), récemment créées, et le choix des intervenants… D’autant plus que les médias, sauf exception, au lieu d’éveiller le sens critique, endorment les Français dans les clichés de la pensée unique et présentent les réfractaires comme une espèce en voie de disparition. Le plus grand danger serait peut-être qu’un jour la société, bien endoctrinée par la répétition des mêmes lieux communs, ne tombât dans la léthargie, la résignation, voire l’assentiment à ce qui la révoltait hier.

Face à cette situation, il ne faut pas baisser les bras mais sans cesse se lever pour faire entendre sa voix. C’est conjointement avec la famille, et non contre la famille, que l’école doit assurer l’enseignement moral et civique. Gageons que les enseignants de nos enfants sauront appliquer cette recommandation de Jules Ferry aux instituteurs, le 17 novembre 1883, alors qu’il quittait le ministère de l’Instruction publique pour celui des Affaires étrangères : « Avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire». C’était un geste d’apaisement qui mérite d’être salué. Quant à ceux qui préparent les programmes, qu’ils se souviennent qu’on en apprend plus sur la tolérance et l’égalité chez Montaigne, Montesquieu ou Tocqueville que dans les slogans manichéens des pseudo-penseurs à la mode.

Jean-Michel Léost

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13 novembre 2013

L'autorité doit être respectée quand elle est respectable

Les récentes attaques contre la Garde des Sceaux ne brillent guère par leur niveau et, même si elles sont plus le fait de plaisanteries de mauvais goût que de convictions ancrées, elles sont condamnables. Du reste, elles se retournent contre leurs auteurs : le Gouvernement a beau jeu de dénoncer une résurgence du racisme et d’essayer d’en tirer politiquement profit. Mieux eût valu se demander si une personne qui, en 2001, serait intervenue pour faire annuler la condamnation d’un proche ou si une ancienne indépendantiste était la plus qualifiée pour représenter la Justice en France.

De même, il serait indécent de siffler le Président de la République quand il honore le Soldat inconnu à l’Arc de Triomphe et que retentit la poignante Sonnerie aux morts. Mais il faut être d’une mauvaise foi et d’un cynisme insolents pour prétendre que les sifflets et les huées qui ont accompagné sa personne sur les Champs-Élysées visaient les valeurs de la République et que leurs auteurs n’aiment pas la France. Ceux qui ont profondément divisé les Français lors du débat sur le mariage et l’adoption pour tous ne sont pas les mieux placés pour appeler au rassemblement.

Ces incidents posent la question du respect de l’autorité. Il ne suffit pas de porter un titre ou un habit pour être à l’abri des critiques et mériter le respect. Molière se moquait des Diafoirus et des charlatans. La fonction ne suffit pas à instaurer l’autorité et l’autorité ne saurait être imposée, sous peine de sombrer dans l’autoritarisme, qui est l’arme des faibles. Elle repose sur la compétence, la confiance et l’efficacité.

L’autorité doit être respectée quand elle est respectable.

Jean-Michel Leost

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18 mai 2013

L'humain est au-dessus des lois

Le Conseil constitutionnel a validé les articles de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Il a ainsi estimé que cette loi était conforme à la Constitution et le président de la République, qui y voit sans doute une preuve de courage et un geste d’apaisement, s’est empressé de la promulguer. Elle devient donc la loi de la République. Mais elle ne laisse pas pour autant d’être une loi inique.

Ses partisans ont souvent répété qu’elle n’enlevait rien à personne et ne faisait qu'ouvrir des droits et devoirs à des couples de même sexe qui en étaient privés. Cet argument est pour le moins discutable car la loi aura des conséquences, qui ne sont pas encore toutes mesurables, sur la filiation, sur l’éducation des enfants dans les établissements scolaires et, plus généralement, sur la société. Mais il démontre surtout un état d’esprit égoïste, tourné vers l’intérêt personnel. Ne pourrait-on contester une loi que lorsqu’on est soi-même concerné ? La force de La Manif pour tous, c’est de réunir toutes sortes de Français, «Celui qui croyait au ciel / Celui qui n’y croyait pas», comme l’écrivait Aragon[1], qui ont tous en commun d’être désintéressés et de penser d’abord aux plus faibles et aux plus fragiles, en l’occurrence aux enfants.

La promulgation de cette loi inique doit nous inciter encore plus à manifester notre opposition : dans la rue, sans nous départir de l’attitude pacifique qui fait notre force; dans les urnes, en ne votant jamais, à quelque élection que ce soit, pour des candidats partisans du mariage et de l’adoption pour tous ; dans notre vie quotidienne, en diffusant partout notre point de vue. Notre action se fonde sur un principe que les sociétés modernes ont tendance à oublier : le sens de l’Humain. Il est une loi supérieure qui nous commande, à l’exemple d’Antigone[2], de nous lever chaque matin pour recommencer.

Jean-Michel Léost
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[1] Louis Aragon, La Rose et le Réséda. La Garde des Sceaux n’a pas le monopole des citations littéraires.
[2] Jean Anouilh, Antigone.

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6 mai 2013

Ce n’est qu’un début : continuons le combat !

Quoi qu’en disent ses partisans, les raisons qui ont suscité l’action de millions de Français contre le «mariage et l’adoption pour tous» ne seront pas oubliées dans quelques mois ou quelques années.

Il ne s’agit pas en effet d’une réforme conjoncturelle. Une loi augmentant le taux de TVA ou les taux d’imposition sur le revenu est certes désagréable mais ne touche pas à l’essentiel. En revanche, la loi qui vient d’être adoptée par le Sénat et l’Assemblée nationale, en bouleversant les règles de la filiation, bouleverse la société tout entière et ouvre la voie aux apprentis sorciers. Il n’est que d’entendre les revendications des lobbies homosexuels le soir même du vote final à l’Assemblée pour comprendre que la PMA est leur prochain objectif, en attendant la GPA.

En outre, c’est à long terme que se feront ressentir les effets d’une telle loi : sous prétexte de non discrimination, ces conceptions seront répandues dans l’éducation des enfants, qui revient pourtant aux familles avant de revenir à l’État. C’est ainsi que se diffuse le totalitarisme, fût-il à visage humain.

C’est pourquoi nous devons continuer notre combat sans jamais rien lâcher. Nous sommes le peuple de France, de toutes origines, de tous milieux, de tous âges : un jour viendra où nos dirigeants, par sagesse ou sous la contrainte de leurs électeurs, prendront conscience des erreurs passées et nous donneront raison.

Jean-Michel Léost

1 commentaire:

  1. Entièrement d'accord avec ces deux messages ! Le "mariage" pour tous achèvera inéluctablement de déstabiliser ce qui reste de la cellule familiale, déjà ébranlée par Mai 68.

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